5 raisons d’tenir un journal d’angoisses


À chaque fois que ma soeur me donne un bon conseil (souvent), ça m’grafigne l’égo un peu. Ça doit être un genre de complexe de la grande soeur, j’imagine. C’est la grande soeur qui devrait donner des bons conseils, right?

 

C’t’arrivé souvent dernièrement, parce que j’ai fait appel à elle plus que j’le fais normalement (lire: tous les jours), en raison d’angoisses et pensées intrusives tenaces dont j’arrivais pas à m’défaire. Comme j’savais qu’elle avait aussi dû s’battre contre ce genre de bébittes à certaines périodes de sa vie, j’voulais connaître ses p’tits trucs à elle. On a jamais assez de p’tits trucs dans notre kit de survie mentale.

 

«Moi c’qui m’aidait, c’tait de traîner un p’tit cahier dans lequel j’notais toutes mes angoisses. À chaque fois qu’une angoisse revenait, j’la notais. Pis là, j’essayais de trouver d’où elle venait, pis pourquoi elle me dérangeait. Quand l’angoisse revenait plus tard, j’pouvais r’tourner lire c’que j’avais écrit pis ça me faisait du bien.»

 

J’ai su que c’était un bon conseil entre autres parce que c’est pas la première fois qu’on me le suggère. Chaque fois que je rencontrais un nouveau thérapeute, on me demandait de noter mes angoisses les plus fréquentes. J’l’ai jamais vraiment fait, parce que, t’sais, procrastination, hein (pis un peu de: «j’ai pas besoin de ça moi voyons donc»). Mais là, j’ai vraiment envie d’fermer la trappe à l’angoisse. Ça fait que j’tente l’expérience depuis peu, pis j’dois dire que j’note déjà des effets positifs!

 

J’partage donc avec vous 5 bonnes raisons d’traîner dans vot’sacoche un p’tit carnet pour noter vos grosses angoisses !

 

1. Cibler les déclencheurs

Qu’est-ce qui amène l’angoisse? Vous pourriez, comme moi jadis, être porté à croire qu’elle apparaît toute seule (surtout si vous en êtes bombardé à longueur de journée), mais, si vous vous y attardez, y’a de fortes chances pour que vous trouviez des éléments qui agissent comme détonateurs aux pensées anxiogènes qui vous tombent dessus.

 

Des exemples? Ça peut être n’importe quoi! Dans une période de ma vie où j’avais ben peur de pogner l’cancer, tout c’qui touchait à la santé pouvait déclencher des attaques de panique: un collègue qui s’absente pour aller chez le médecin, un reportage sur un nouveau médicament à la télévision, une crampe dans l’mollet au réveil le matin (ouais, y’a pas vraiment d’lien)… Une fois que j’étais «sensibilisée» à mon angoisse par un élément dans mon environnement qui me la rappelait, y suffisait d’une pensée étincelle («tout d’un coup que mon médecin a manqué une tache sur ma dernière radio…») pour que mon coeur se mette à palpiter pis qu’la marde pogne entre mes deux oreilles.

 

Les déclencheurs, ça peut être des sons, des mots, des images, des odeurs… l’angoisse fait pas d’discrimination! Noter vos angoisses et le contexte dans lequel elles apparaissent vous donnera l’occasion d’avoir une meilleure idée des circonstances dans lesquelles vous êtes plus susceptible de lose your shit. #dontloseyourshit

 

2. Mettre le doigt sur les gros bobos

Depuis que j’note mes angoisses, j’me rends compte qu’elles prennent pratiquement toutes racine à la même place: dans un manque de confiance en moi. Quand elles me bombardent une après l’autre, elles ont l’air un peu disparates, pis j’vois pas vraiment de lien entre elles. En les rassemblant, j’m’aperçois qu’elles sont toutes des variations sur le même thème: la peur (ou la croyance) de pas avoir de valeur.

 

Quossa donne, de savoir ça? Concrètement, en thérapie, ce sera beaucoup plus facile d’arriver à une amélioration si j’traite la base du problème, plutôt que les symptômes. Pour ça ben, faut connaître la base du problème! En déconstruisant mes croyances erronées (la base), j’aurai beaucoup plus de facilité à chasser les angoisses qui y sont liées.

 

M’as vous donner un exemple. Une de mes angoisses, ces temps-ci, c’est la peur de pas être une bonne blonde (ou une bonne personne tout court, quand j’ai vraiment une journée d’marde). On pourrait pousser mon angoisse plus loin, mais, pour les besoins d’l’exemple, j’vais m’arrêter là.

 

Toutes mes pensées angoissantes tournent autour de cette crainte-là: j’ai peur que mon chum découvre que j’suis une mauvaise personne, qu’il me compare à d’autres filles beaucoup mieux que moi, qu’il réalise que j’suis vraiment une personne plate, pis toute, pis toute. À frette, je sais que c’est pas vrai. J’ai d’la valeur, j’t’une personne qui mérite de vivre, pis j’ai même des belles qualités! En travaillant à démonter mes croyances non fondées (que j’suis une mauvaise personne pas aimable) à l’aide de faits qui prouvent le contraire (que j’suis une personne digne d’amour), ce sera plus facile d’ignorer mes angoisses, puisque je saurai qu’elles sont pas fondées. Pis, on s’entend, des angoisses non fondées, ça fait pas peur à personne.

 

Une angoisse désamorcée. Féroce comme un chaton.

Une angoisse désamorcée. Féroce comme un chaton.

3. Désamorcer pis dédramatiser

 

Y’a de fortes chances pour que le simple fait de mettre vos angoisses sur papier leur donne tout d’un coup l’air un peu… inoffensif et un brin nono? J’dis pas que vos angoisses sont nounounes. J’dis juste que, quelque part en dedans de vous, vous êtes ben au courant qu’elles sont pas fondées. On dirait que le fait d’les noter sur un bout d’papier, de pouvoir les lire, d’les faire exister dans l’monde matériel, ça leur enlève du power.

 

«J’ai peur de pogner l’cancer parce que la soeur d’la voisine à ma mère, qui a l’même âge que moi pis qui a aussi les cheveux bruns, a l’cancer».

 

Allez pas m’dire que ça va pas vous faire sourire un peu d’voir ça écrit dans votre cahier, hein?

 

4. Faire passer une crise d’angoisse

 

Je sais pas si c’est vrai (citez-moi pas là-dessus), mais j’ai lu l’autre jour qu’une fois qu’on se r’trouve ben pogné dans une crise d’angoisse, la seule chose à faire, c’est d’la laisser passer. C’est comme ça que j’vis les miennes, en téka.

 

Quand j’atteins le point d’non retour, j’en ai pour 5, 10, 15 minutes à paniquer avant que ma tête se r’place toute seule. En notant mes angoisses pendant qu’elles me tourmentent, mon attention est portée sur autre chose et, ben souvent, au moment où je termine d’écrire, le pire d’la crise est derrière moi.

 

C’t’un peu la même chose que de s’donner une pichenotte su’l poignet quand on s’cogne l’orteil su’l bord du cadre de porte. Ça change le mal de place.

 

5. Mieux se connaître et se donner du pouvoir

 

Chaque fois que j’traverse une crise d’angoisse sans avoir fait appel à quelqu’un d’autre pour me rassurer, c’est comme si j’venais d’monter une côte ben à pic en bécyk: j’suis aussi fière que brûlée.

 

Quand j’prends le temps de me questionner sur la provenance de mes angoisses, j’prends le temps d’apprendre à me connaître à travers mes plus grandes peurs. Quand je choisis d’ignorer mes angoisses au lieu de leur donner du pouvoir, c’est à moi que j’donne du pouvoir. Comme ça, mon p’tit cahier me sert pas à m’apitoyer sur mon sort; y m’sert d’outil pour reprendre le contrôle.


Vous êtes pas obligé d’écrire tous les jours pendant un an! Juste de vous arrêter pendant un temps pour passer vos angoisses à la loupe au lieu de vous concentrer sur le fait qu’elles sont donc méchantes pis épeurantes, ça peut déjà vous faire un grand bien. Pas obligé d’acheter un cahier fancy là. Ben, tu peux. Les cahiers fancy, moi, ça m’rend heureuse. Tant qu’y fitte dans ta sacoche.

 


À propos L'énervée

Drama queen anxieuse un peu bougonneuse qui étudie en psycho (classique) et qui aime ben rire de ses travers. Aimerait se réincarner en chat (pour fouèrrer pis manger) et avoir accès à la plus grosse réserve de laine au monde (parce que tricoter, ça la calme). Possède une quantité inquiétante de journaux intimes remplis. Est passée par une phase gothique à l’adolescence. Est un être humain décent. À pense, en téka.

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