L’énervée


Avant de me décider à mettre mon blogue en ligne, j’écrivais des chroniques que je gardais en banque, au cas. Au début, les sujets venaient difficilement. D’abord parce que le monde est vaste et qu’y’a tant de choses qui méritent d’être écrites, ensuite parce que je voulais mettre le doigt sur ce qui allait intéresser les gens. Sur les blogues qui parlent de blogues et qui expliquent comment être une blogueuse, y disent qu’y faut trouver sa niche. Faut pas faire des articles trop longs et faut se spécialiser, parce que tout a été dit sur tout. Faut pas emmerder les gens avec la même chose qui a déjà été remâchée par mille écrivaines amateures avant moi. C’est vrai, je vais pas réinventer la peine d’amour couchée sur papier, hein.

Un jour, à court d’inspiration, je me suis mise à piger dans mon historique de recherches Google.

« Est-ce qu’on peut porter du rouge et du rose dans un même kit? »
« Est-ce que la bosse dans mon cou est un cancer? »
« Est-ce que j’ai le cancer? »
« Je me sens coupable de manger. »
« Mon chat vomit de la bile. »
« Est-ce que mon chat a le cancer? »

Je me suis rendue compte que ces traces de recherches passées racontaient une histoire. J’ai décidé de passer ces questionnements et petites angoisses dans l’extracteur à jus pour en faire ressortir l’essence.

Voici donc un blogue sur la crainte d’exister, sur la recherche d’approbation, sur la peur de devenir adulte, sur le deuil, sur l’amour… Sur la vie, I guess.