Aimer manger (d’la scrap des fois) pis trouver ça correct


Vous m’direz que j’pas ben vieille, mais des régimes, j’en ai essayé pas mal dans ma courte existence. Même que j’ai déjà pu remarquer les espèces de modes qui régissent l’univers (lucratif) de la perte de poids et qui décident de c’qui va se retrouver dans notre assiette quand on trouve que nos fesses sont tight un peu dans nos jeans:

  • Y’a eu le pas de féculents. Ça, c’tait à la mode quand j’tais petite, pis je l’ai essayé. J’pouvais manger deux tranches de pain par jour pis des patates ou du riz au souper. Ça a l’air que l’diable s’cachait dans toute la bouffe qui commence par la lettre P (pain-pâtes-patates, le trio de l’enfer). J’dis ça de même, mais moi, être le diable, j’ferais autre chose de mes journées. Anyway.
  • Y’a eu les régimes de protéines, pis ça, ça existe encore, à mon grand désarroi, pis ça aussi, j’ai essayé. Ça m’coûtait quoi… 200 $ par semaine? Pis j’mangeais d’la bouffe en sac qui avait toute le même arrière-goût de pâte à papier. Après 6 mois de ce régime-là, j’ai fini par manger juste les chips protéinées au BBQ, parce que c’est le seul produit de la gamme qui me levait pas l’coeur. C’est p’t’être pour ça que ça a marché, remarquez ben. (Tout repris le poids, mais ça vous surpendra pas, n’est-ce pas).

  • Après ça y’a eu les détox. J’ai jamais essayé ces régimes-là, mais j’ai connu des filles qui faisaient des espèces de cures de soupe au chou. Ça consistait à manger juste de la soupe au chou le matin, le midi pis le soir pendant une semaine ou deux. Me semble qu’il existait une variante avec des bananes. En téka.

Encore aujourd’hui, je suis fascinée de voir tous les nouveaux produits qui apparaissent sur le marché et qui promettent gros comme le bras que c’est lui qui va faire la différence. Le jus, la pilule, la ceinture qui te fait shaker le gras d’bédaine… oublie tout c’qu’ya eu avant. ÇA, FEMME, c’est la vraie solution. Tu vas maigrir, pis tu r’prendras jamais le poids que tu as perdu. C’EST GARANTI.

Duuuuuuude. Arrête.

Si y’a ben une affaire que j’sais, c’est que quand ça a l’air trop beau pour être vrai, ça l’est. Genre, 9 fois sur 10. P’t’être 8. Dans l’cas des régimes, c’pas mal dans 9,9 fois sur 10 sauf.

Y’a une couple d’année, à l’époque où je jouais comme ben du monde au yo-yo avec mon poids (avant que j’perde 130 livres d’une manière qui m’apparaît saine), j’ai décidé d’aller consulter une nutritionniste. J’avais un seul objectif en tête: perdre du poids sans faire d’exercice. Parce que ça m’tentait pas de bouger. C’t’honnête ça, hein?

Le pire, c’est que la nutritionniste a pas ri de moi quand je lui ai dit ça. Même qu’elle m’a dit que c’tait ben possible, sauf qu’évidemment, en bougeant, j’accélérerais le processus.

J’pense que même si c’est exactement la réponse que j’voulais entendre, j’ai dû avoir l’air complètement désarçonnée, parce que je m’attendais à me faire dire que pour perdre du poids, faut manger d’la salade pis courir.

Au lieu de ça, elle m’a dit le plus sérieusement du monde que j’pouvais manger ce que je voulais, tant que j’mange juste quand j’ai faim pis que j’arrête de manger quand j’ai pu faim.

«… même d’la poutine?

– Ben, y’a des meilleurs choix alimentaires que d’autres. Mais, techniquement, c’est pas la poutine qui va te faire engraisser. C’est le fait de manger plus que ce que ton corps demande.»

Ça, à mes yeux, c’était trop beau pour être vrai. Sauf que, 5 ans plus tard, force est d’admettre que ça doit être vrai un peu, parce que j’mange d’la poutine (de temps en temps, on s’entend) pis j’engraisse pas.

Pendant les quelques mois où j’ai consulté cette nutritionniste, on a travaillé à me reconnecter à mon estomac. Ça a l’air nono, vous trouvez? Faites l’exercice la prochaine fois que vous irez au resto. Essayez de trouver le moment où vous pourrez sentir que vous avez assez mangé. Assez mangé, c’est la ligne mince qui sépare deux états: rassasié et bourré. Je sais pas pour vous, mais dans mon cas, ça a nécessité des années d’apprentissage. En fait, j’apprends et je désapprends constamment. C’est un work in progress.


Dans l’temps, j’bouffais pour me calmer. Ça marchait moyen, évidemment, parce qu’après avoir englouti d’la crème glacée pis du fromage pis des chips, ben j’me sentais coupable. Sur le coup, manger répondait quand même à un besoin que j’avais moi-même conditionné. La bouffe calmait l’angoisse et la panique que j’étais pas capable de gérer autrement. Je ressentais un high de quelques minutes ou de quelques heures et tout était à recommencer. La relation que j’entretenais avec la bouffe était en tous points semblable à celle qu’entretient un toxicomane avec sa substance fétiche ou un alcoolique avec sa boisson.

Petit à petit, j’ai commencé à me servir de plus petites portions. Pour m’encourager devant ces assiettes qui me faisaient d’abord fort pitié, je me disais: «…au pire, j’irai me resservir.» À ma grande surprise, j’éprouvais rarement le besoin de me servir une deuxième portion.

J’ai commencé à me questionner aussi. Quand je croyais avoir faim, je me forçais à essayer de distinguer la faim réelle de l’envie de manger, par ennui ou par angoisse.

Au fil des mois est arrivé quelque chose que j’ai pas vu v’nir pantoute. En mangeant à ma faim, je me suis débarrassée de la culpabilité qui venait avec le gavage. J’ai commencé à me sentir mieux, dans mon corps et dans ma tête. Naturellement, j’ai commencé à poser des petits gestes pour prolonger ce sentiment de bien-être et le faire grandir. Je me suis mise à bouger un peu plus, d’abord chez nous, puis au gym. J’ai apporté des changements à mes habitudes alimentaires: les aliments préparés ont foutu l’camp, j’me suis mise à cuisiner moi-même tous mes plats. J’ai fait plus de place aux légumes, j’ai développé un intérêt pour la cuisine. Fini aussi, les nuits debout devant l’ordinateur. J’essaie aujourd’hui de dormir entre 6 et 8 heures chaque jour, même en fin de session.

Au final, ce que je retiens des conseils de ma nutritionniste, c’est que la seule chose que j’avais à faire, c’était d’apprendre à écouter mon corps et lui faire confiance. Écouter mon instinct. Après toute, j’ai pas besoin de dire à mes poumons comment me faire respirer.

On fait la même chose avec la tête, astheure?


Disclaimer: j’pas nutritionniste ou professionnelle du conditionnement physique  ou du corps humain ou whatever qui est en lien avec la perte de poids et la mise en forme. J’parle de mon expérience. J’balance ça dans l’univers de même. Pour le fun.  🙂


À propos L'énervée

Drama queen anxieuse un peu bougonneuse qui étudie en psycho (classique) et qui aime ben rire de ses travers. Aimerait se réincarner en chat (pour fouèrrer pis manger) et avoir accès à la plus grosse réserve de laine au monde (parce que tricoter, ça la calme). Possède une quantité inquiétante de journaux intimes remplis. Est passée par une phase gothique à l'adolescence. Est un être humain décent. À pense, en téka.

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