Cher journal, j’ai les cheveux sales mais ma meilleure amie m’aime pareil.


Les mottes de poils de chats à terre. Je pense qu’il y a pas pire signe de déchéance que ça.

Les portes patio grand’ouvertes en plus… ça vavote au vent toé.

Y’en a des noires, des noires et blanches, des caramel, des brunes aussi, à cause de mes cheveux. Mes cheveux servent de sealer à mottes de poils. Disons qu’y se forme une boule de poils de chats de la grosseur d’un 25 cennes… Ben à force de rouler d’un bord pis de l’autre de l’appart, elle finit par pogner dans mes cheveux. Ça fait des super mottes. Incassables.

Pas capable de passer le balai. Pour une raison que j’ignore, ça déclenche des crises de larmes incontrôlables. La job de filage est peut être pas au point dans mon cerveau.

Pour me remonter le moral, je me dis que je dois être ben drôle à regarder aller de l’extérieur. Ça me permet d’en rire moi aussi, un peu. Quand mes yeux deviennent trop humides à mon goût, j’pense à ce que Bridget Jones ferait dans ma situation, pis j’me dis que c’est un sacré bon modèle à suivre, Bridget Jones. Est cute en plus. Pour vrai, c’est un peu romancé toute cette histoire-là, parce que si une fille comme Bridget Jones existait, elle aurait aucun problème à se matcher. Même moi je lui dirais pas non.

En fait, y’en a une, une Bridget Jones dans ma vie. Sauf qu’elle a pas de problème d’alcool et elle a jamais vraiment eu de misère à se matcher et elle a jamais vraiment été pognée dans des relations hyper compliquées non plus.

Elle a l’humour et le franc parler et un peu la maladresse.

Ça fait deux fois qu’elle me ramasse à la petite cuillère, la pauvre. Je dis la pauvre, parce que les «POURQUOI?», les «JE VAIS MOURIR. POUR VRAI.» et les «J’AI MÊME PAS BESOIN DE LAVER MON LINGE. PIS MES CHEVEUX NON PLUS. C’EST OVERRATED ÊTRE PROPRE.», ben c’est elle qui les reçoit. Tous. Pis elle répond à chacun d’eux. Un. à. la. fois. Avec une patience que j’aurai jamais.

Je l’ai négligée, en plus. J’en ai annulé, des plans, parce que j’étais en amour, parce que mon ex avait planifié autre chose, parce que j’habitais trop loin… Pis l’an dernier, quand j’ai vécu ma première rupture, je suis retournée naturellement vers elle. Comme si y s’était jamais passé 7 années où je l’ai fait passer en deuxième pis en troisième (pis j’haïs admettre ça. Maudit que j’haïs admettre ça.)

« Vas-tu être là si y part pour vrai? Si y revient jamais?

– J’vais toujours être là. »

Pis fuck, elle tient sa promesse depuis ce temps-là, la maudite. J’ai beau m’entêter, lui faire répéter inlassablement les mêmes conseils pis les mêmes raisonnements, faire des crises, adopter l’attitude la plus enfantine que j’suis capable d’avoir (pis Dieu sait que j’peux régresser loin en tabarouette), jamais elle se décourage, jamais elle me dit de m’arranger toute seule avec mes affaires, jamais elle arrêter de m’aimer.

Pis à chaque fois que je réalise qu’elle arrête pas de m’aimer, je souffle un peu. Je prends un break du vacarme dans ma tête pis je prends 3 secondes de répit pour apprécier la chance que j’ai d’avoir une amie qui m’aime de même.

Y’a quelque chose qui est indescriptiblement (c’est tellement indescriptible comme sensation qu’y fallait que j’invente un mot pour la décrire) rassurant dans le fait de savoir qu’y’a quelqu’un dans ta vie qui t’aimes pour toute c’que t’es, du meilleur au pire boutte.

Ça en prend rienqu’une, une personne comme ça. Pour vrai. C’est comme trouver l’homme idéal. J’ai trouvé mon amie idéale.

Je t’aime Pana.


À propos L'énervée

J'ai essayé la psycho et le marketing, puis j'ai décidé de retourner à mes premières amours: l'écriture et le journalisme. Je suis maman et ça m'occupe la majeure partie du temps. Quand il en reste un peu je lis, j'écris, je tricote et je marche jusqu'au parc avec ma fille.

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