Coït interrompu


Ça fait toujours du bon bloguage (blogguing? Blogging? Quelle traduction de merde quand même) les ruptures. Probablement parce que c’est un sujet universel et qu’un lendemain de rupture, les yeux encore bouffis, on pitonne toutes sur notre téléphone, ben cantées dans notre grand lit vide, à la recherche de réponses à des questions un peu insipides qui servent juste à nous remplir le crâne le temps qu’on arrête d’avoir mal.

« Combien de temps ça prend avant de guérir d’une rupture?  »

Fille. Come on.

Je suis pas une pro des ruptures. En fait, j’en ai juste vécu deux. Deux ruptures complètement différentes. Dans le premier cas, je voulais sortir de la relation et j’étais pas capable. Dans le cas présent (ouais, j’ai pas décidé de parler de rupture pour le fun un lundi matin de congé), c’est une rupture à contrecoeur. Littéralement contre mon coeur.

Rompre parce que vos désirs et aspirations sont pas compatibles… Quelle horreur. Pire coït interrompu ever. Remarquez ben qu’un coït interrompu, c’est jamais vraiment excellent en partant. Anyway.

Moi pis mon p’tit coeur de candide, on avait décidé d’arrêter d’avoir peur pis de sauter à pieds joints dans le bonheur comme il se présentait. Au jour le jour. Après avoir passé tout le début de ma vie à essayer de deviner le futur, je crois fermement aujourd’hui qu’on en sait fichtrement rien, du futur. J’ai toujours voulu être en parfait contrôle de tout. J’ai toujours voulu savoir à quoi m’attendre demain, dans une semaine, dans quinze ans. J’ai jamais aimé les peut-être et les je sais pas. Pas là. Là, c’était pas toujours évident, mais j’étais tellement bien avec quelqu’un que j’étais prête à accepter de pas avoir le contrôle sur ma vie, j’étais prête à pas me torturer à savoir si c’était le bon, si on allait se rejoindre un moment donné, si, si, si… Je voulais juste prendre tout le bon qu’il avait à me donner et lui offrir tout l’amour et les bons moments que j’avais à lui donner en retour pour le temps que ça durerait. Pis tant mieux si ça avait marché, pis tant mieux si ça avait pas marché.

Dans mon scénario, il était d’accord. La vie est clairement pas prête pour mes scénarios, parce qu’il était pas d’accord. Ça fait mal. Mais ça, vous le savez. On sait toutes que ça passe aussi, merci c’est beau.

Ma psy est en congé de maternité, mais si ma psy était pas en congé de maternité, elle me dirait genre ça:

« Oui mais tu peux pas décider pour les autres. Lui était pas à l’aise avec ça. C’est sa décision. Ça lui appartient.  »

Aimer pis laisser partir. Aimer pis pas haïr l’autre de nous laisser partir. Aimer pis comprendre, même si pour l’instant c’est plus facile de pas vouloir comprendre. Aimer jusque dans la rupture. C’est mieux d’être un apprentissage qui est à la hauteur de la douleur qu’il amène.


À propos L'énervée

Drama queen anxieuse un peu bougonneuse qui étudie en psycho (classique) et qui aime ben rire de ses travers. Aimerait se réincarner en chat (pour fouèrrer pis manger) et avoir accès à la plus grosse réserve de laine au monde (parce que tricoter, ça la calme). Possède une quantité inquiétante de journaux intimes remplis. Est passée par une phase gothique à l’adolescence. Est un être humain décent. À pense, en téka.

Laissez un commentaire

Votre adresse de courriel ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *