Couper dans l’gras (littéralement)


J’suis tombée cette semaine sur le teaser de OBÈSE Changer de vie, une série documentaire qui sera présentée sur Moi & cie l’automne prochain (ça m’fait un peu regretter d’pas avoir le câble, maudit tabarouette). Ça a l’air super bon pis ça traite d’un sujet qui m’tient vraiment à coeur. Thumbs up, c’était nécessaire! La stigmatisation des gens en surpoids, c’est une problématique sérieuse qui est souvent regardée de haut parce que tsé, les gros, z’ont juste à pu être gros, hein! (eeeeeh my god) alors que la souffrance, le jugement, l’angoisse, la colère et la culpabilité que ces gens vivent et subissent quotidiennement sont bien réels.

 

Ça aide personne d’être pointé du doigt pis de s’faire dire d’arrêter d’manger, de s’faire dire que c’est d’sa faute si y’a l’air de ça, de s’faire dire que c’t’un ci pis une ça pis un paresseux pis une lâche… Tout c’que ça fait, c’est faire enfler un sentiment de honte qui finit par prendre toute la place. Ça incite pas au changement. Ça fait juste mal. Ça humilie. Ça te fait sentir comme un demi-humain, comme une bébitte inférieure à tous ces gens qui sont capables de contrôler leur poids, contrôle valorisé de façon un peu malsaine dans la société occidentale. Been there.

 

L’histoire de Maryse Deraîche, qui a subi une chirurgie bariatrique il y a quelques années, est au centre de la production. J’ai entendu parler d’elle pour la première fois il y a quelques années par le biais d’une chronique publiée dans le magazine Urbania. Elle y abordait sa chirurgie bariatrique, sa perte de poids monumentale et, surtout, y décrivait la vie qui vient après, photos de son corps transfiguré à l’appui. J’étais à l’époque en processus de perte de poids et l’article m’avait grandement troublée, pour deux raisons:

 

1. J’en revenais pas qu’une femme si jolie qui avait réussi quelque chose de si extraordinaire puisse sembler si malheureuse de la peau en extra qui lui pendait du ventre pis des bras. Comment elle osait? Combien de femmes auraient tué pour être à sa place? Moi. Ça en faisait au moins une. À mes yeux, à l’époque, elle se plaignait la bouche pleine. #badumtss

2. En même temps, ce que je voyais me tracassait pas mal. Si j’perdais autant de poids, est-ce que mon corps allait avoir l’air de ça? Est-ce que j’allais vouloir passer sous le bistouri si c’était le cas? Est-ce que je m’aimerais moins? Est-ce que j’allais être mieux si je restais dans ma peau grosse mais correcte ferme, ou si je devenais mince pis flasque? Est-ce qu’un homme voudrait de moi un jour?

 

J’étais partagée entre une admiration sans bornes pis un lourd mépris, qui cachait évidemment une grande jalousie. Mettons que mon point d’vue a fait un 180° depuis l’temps. Parce qu’aujourd’hui, mon corps a un peu l’air de ça.

 

J’trouve ça plate qu’on aide pas plus et mieux les gens obèses, dans les cas où leur état a un impact sur leur santé, entre autres. J’trouve ça plate que les ressources manquent. J’trouve ça plate que ça coûte quelque chose accéder à une meilleure santé, espérer une vie meilleure et plus longue. Je sais que ça coûte cher. Je sais qu’on va me dire que c’est leur problème (dude, travaille ton empathie pour vrai), qu’ils avaient juste à pas engraisser. Mais fuck, on les laisse tomber, une fois qu’ils en ont assez de brailler chaque matin en forçant pour entrer dans leurs pantalons pis pour entrer dans leur char? En essayant ben fort d’ignorer les regards culpabilisants pis accusateurs? J’trouve ça plate qu’une fois que le poids a été perdu, on les laisse s’arranger avec un corps qui va leur rappeler toute leur vie ce que plusieurs d’entre eux considèrent comme un échec: le fait d’avoir été gros. Parce que c’pas vrai que tout le monde a le 15, 20, 25, 30 000 $ que ça coûte se faire r’taper l’body. Pis j’parle de peau qui pend. De. peau. qui pend. Pas d’un nez un peu trop large.

 

On devrait toujours saluer et encourager les initiatives de citoyens qui mettent le doigt sur c’qui les rend malheureux pis qui veulent faire de quoi pour être mieux, surtout quand ça touche un problème de santé publique. J’sais pas c’qu’on pourrait faire ben franchement. J’pas comptable, j’pas bonne avec les chiffres, j’pas médecin non plus, pis j’pas ministre ou même députée (je serais vraiment pas bonne là-dedans. Cest mieux comme ça pour vous tous 😉 ). Mais tsé… tous les jours, y’a des articles pis des études qui sont publiés pis qui nous rappellent à quel point l’obésité c’est un fléau, pis comment ça va nous coûter cher en tant que société, pis comment que c’est pas bon pour la santé… Ok, fine. Si ça vous tient tant à coeur que ça, la santé du monde, ben aimez-les, ces gens-là qui voudraient changer, pis aidez-les à s’aider quand y vous demandent d’le faire.

 

Tout ça pour dire que j’vais p’t’être m’abonner au câble. 🙂 xxx


À propos L'énervée

Drama queen anxieuse un peu bougonneuse qui étudie en psycho (classique) et qui aime ben rire de ses travers. Aimerait se réincarner en chat (pour fouèrrer pis manger) et avoir accès à la plus grosse réserve de laine au monde (parce que tricoter, ça la calme). Possède une quantité inquiétante de journaux intimes remplis. Est passée par une phase gothique à l’adolescence. Est un être humain décent. À pense, en téka.

Laissez un commentaire

Votre adresse de courriel ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *