Quand Insta fait du bien aux mamans anxieuses


Une des premières choses que j’ai faites quand j’ai accepté que j’allais être maman (ça a l’air niaiseux de même mais ça a été pas mal plus long que le temps que ça prend pour juste pisser sur un bâton), ça a été de m’entourer. Consciente de mes antécédents, je savais que trop bien que le torrent d’hormones qui s’apprêtait à m’envahir avait le potentiel de réveiller la bête, cette cochonnerie d’anxiété, et j’avais peur de la force avec laquelle elle pourrait frapper cette fois.

J’ai donc pas pris de chance et j’suis allée chercher l’aide dont je pensais pouvoir avoir besoin. J’ai pris rendez-vous avec une psy, j’ai parlé de mes inquiétudes à ma gynéco, j’ai fait un plan de grossesse et d’accouchement avec mon chum et j’ai pas gardé pour moi toutes les p’tites angoisses qui se pointaient le bout du nez à toute heure du jour. Même si, finalement, j’ai été angoissée pareil pendant neuf mois (lololol), j’ai l’impression que j’ai plutôt bien endigué le problème.

Parmi les p’tits trucs que je m’étais donnés, y’en a quelques-un qui concernaient mon utilisation des réseaux sociaux. J’avais peur de devenir une encyclopédie de la grossesse et d’élever mon enfant à partir des forums de discussion Doctissimo (ce trou noir d’internet, cet incubateur à hypocondriaques). J’avais peur aussi d’être engloutie par Instagram et de me comparer négativement à tous ces beaux clichés de belles mamans en train d’allaiter dans la joie, en train de faire du yoga sans culotte de cheval et en train de cuisiner de beaux p’tits bols de gruau multicolores saupoudrés de graines de chia parce que le chia donne une belle peau. C’est vrai, c’est dans le Vogue. Sì.

J’ai donc restreint mon utilisation des forums de discussion au minimum, mis de côté les groupes de mamans sur Facebook (qui peuvent être géniaux pour certaines personnes, by the way, juste moins pour moi!) et fait un peu de ménage dans mon fil Instagram.

Quelque part dans mon aventure, j’suis tombée sur le compte Instagram du Postpartum Stress Center. C’est, comme son nom l’indique un peu, un centre d’intervention pour les femmes souffrant de troubles de l’humeur ou de troubles anxieux durant ou après la grossesse. C’est plate parce que le centre est situé en Pennsylvanie, sauf que leur fil Instagram est une p’tite mine d’or et ça, c’est génial.

On y parle beaucoup de «scary thoughts» (des pensées effrayantes, en bon frança’), des pensées intrusives qui peuvent toucher, entre autres, les femmes atteintes d’un trouble anxieux ou de dépression postpartum. Le problème avec ces pensées, c’est qu’elles sont vraiment étranges et… ben, effrayantes.

#speakthesecret❤️ https://goo.gl/3oGKJj

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C’est difficile d’en parler puisque ces pensées sont souvent accompagnées d’un grand sentiment de honte. Comment expliquer à ton chum que t’as peur chaque fois que tu prends les escaliers d’être prise d’une pulsion incontrôlable et de lancer ton bébé en bas? Ou, comme dans l’exemple plus haut, comment tu expliques à ton chum, un papa aimant et doux, que t’es habitée par une peur complètement irrationnelle qu’il abuse sexuellement de votre enfant?

C’est… tricky. Pour quelqu’un qui est pas familier du tout avec l’anxiété, j’ose pas imaginer comment ça doit être déconcertant. C’est pour ça, entre autres, que je trouve que ce centre fait un travail de sensibilisation fantastique. Plus on est renseigné, moins on est seul, et plus vite on peut aller chercher l’aide appropriée.

Vous pouvez suivre la page du Postpartum Stress Center ICI

Vous pouvez obtenir plus d’infos sur les «scary thoughts» ICI (en anglais)


À propos L'énervée

J'ai essayé la psycho et le marketing, puis j'ai décidé de retourner à mes premières amours: l'écriture et le journalisme. Je suis maman et ça m'occupe la majeure partie du temps. Quand il en reste un peu je lis, j'écris, je tricote et je marche jusqu'au parc avec ma fille.

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