«J’ai pas besoin de ça, moi, un psychologue!» – 07/10/2016


 

En faisant des recherches cette semaine pour un sujet à aborder dans ma chronique, j’ai eu une sorte d’illumination. Je me suis rendue compte que je n’ai pas encore démystifié avec vous le plus grand mythe/tabou lié aux psychologues et à la psychothérapie. Vous l’avez déjà entendu, c’est sûr et certain. Peut-être même que vous l’avez vous-même utilisé! Je vous parle du fameux: «J’ai pas besoin de ça, moi, un psychologue», et toutes ses variations.

 

Alors. Qui a besoin de ça, un psychologue? Comment ça marche?

 

C’est assez simple. Un psychologue, c’est pour tout le monde et vous pouvez lui parler de n’importe quoi. Vous êtes pas obligé d’être atteint de dépression majeure pour rencontrer un psychologue. J’vous entends déjà me dire: «mais de quoi je vais y parler, au psychologue, si j’ai pas de problèmes?» Et c’est là que je démystifie avec vous ce qui constitue le travail du psychologue et ce qu’est la psychothérapie.

 

Vous pouvez voir le psy comme un bâton de marche qui va vous aider à garder l’équilibre dans un moment où vous êtes pas trop sur de ce que vous faites ou de où vous allez. Dans une période où vous ressentez un certain niveau de détresse ou d’inconfort, le psychologue est là pour vous accompagner en vous aidant à arriver vous-même aux conclusions dont vous avez besoin. C’est pour ça que la thérapie, ça ressemble un peu à une partie de ping pong. Chaque fois que vous allez dire quelque chose, le psychologue va vous questionner, va vous inviter à préciser votre pensée, va vous amener à aller plus loin dans votre réflexion.

 

On peut rencontrer un psy pour à peu près cent cinquante million de raisons. Ça peut être parce que vous prévoyez une réorientation de carrière et que vous voulez être bien encadré pour le faire, ça peut être parce que vous vivez une séparation et que vous souhaitez être accompagné dans tous les changements que ça occasionne, ça peut être parce qu’un membre de votre famille vit une situation difficile et que vous aimeriez être épaulé et, évidemment, ça peut être juste parce que vous feelez pas pantoute et que vous avez besoin de parler. Y’a pas de bonne ou de mauvaise raison de consulter.

 

Si vous n’avez jamais eu à rencontrer de psychologue, ça se peut fort bien que vous ne sachiez pas trop par où commencer et que vous vous demandiez un peu ce qui vous attend.

 

Faut d’abord contacter des psychologues. Je dis des, parce que c’est important de choisir un thérapeute avec qui on sera à l’aise. Si vous êtes inconfortable devant votre psy, vous allez vous censurer et on veut surtout pas ça. Il arrive qu’on doive rencontrer quelques psychologues avant de tomber sur celui qui nous accompagnera. Ne vous découragez pas à la première rencontre si vous ne vous sentez pas à l’aise; c’est normal, ça arrive. Vous pouvez parler de votre malaise au thérapeute, soyez pas gêné. Vous verrez ensuite ensemble quelle sera la meilleure solution à adopter.

 

Pour vous aider dans vos recherches, je vous suggère fortement de visiter le site Web de l’Ordre des Psychologues du Québec. Y’a un bel outil de recherche qui vous permet de fouiller dans le répertoire des membres de l’ordre. Vous pouvez chercher par région et par spécialités, parce que certains psychologues se spécialisent dans certains types de clientèles ou certaines problématiques.

 

La ou les premières rencontres, tout dépendant du cas et du thérapeute, sont généralement consacrées à parler de vous. Faut se rappeler que le psychologue que vous avez devant vous ne vous connait pas! C’est probablement le moment de votre thérapie où le psychologue va parler le plus. Il va évidemment vous questionner sur les raisons qui vous poussent à consulter. Selon le type d’intervention qu’il préconise, il pourra vous poser différentes questions pour bien orienter son intervention. Il ne faut d’ailleurs pas vous-même hésiter à le questionner sur les méthodes qu’il emploie et sur le déroulement de la thérapie. Il ne faut jamais oublier que vous faites cette démarche pour vous, et que vous devez donc être confortable.

 

Parlant d’être confortable, je terminerai avec ceci. La thérapie, c’est pas toujours confortable, et c’est pas toujours agréable. Desfois on va gratter des bobos auxquels on aimerait mieux pas toucher. C’est normal. Quand on entreprend une démarche en psychothérapie, il faut être prêt à s’ouvrir entièrement au thérapeute. Ce n’est pas anodin. C’est pas tous les jours qu’on se confie en profondeur de cette façon. Heureusement, c’est le rôle du psychologue de vous accompagner durant la thérapie, même dans ces moments qui seront un peu plus difficiles. Tout le monde est capable, vous êtes capable, et c’est pour le mieux, soyez pas gêné.

 

 


À propos L'énervée

Drama queen anxieuse un peu bougonneuse qui étudie en psycho (classique) et qui aime ben rire de ses travers. Aimerait se réincarner en chat (pour fouèrrer pis manger) et avoir accès à la plus grosse réserve de laine au monde (parce que tricoter, ça la calme). Possède une quantité inquiétante de journaux intimes remplis. Est passée par une phase gothique à l'adolescence. Est un être humain décent. À pense, en téka.

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