Jaser de dépression all day err day – 14/10/2016


 

Cette semaine, lundi, pour être plus précise, avait lieu la journée mondiale de la santé mentale. Là vous allez me dire: «mais Amélie, c’est passé, y’é trop tard, fallait en parler la semaine passée!», ce à quoi je répondrai qu’on n’est pas obligé d’attendre la journée mondiale de la santé mentale pour parler de santé mentale, de un, et de deux, que je peux déjà vous parler de la journée mondiale de la santé mentale, édition 2017, puisque l’OSM, l’organisation mondiale de la santé, a déjà décidé du thème qui sera abordé l’an prochain et planifie en parler toute l’année, à partir de maintenant.

 

Quel est donc ce thème qui sera également exploité lors de la prochaine Journée mondiale de la santé, le 7 avril 2017?

 

Il s’agit de la dépression. Le slogan est tout simple, c’est: Dépression, parlons-en. Ça va droit au but, comme on dit.

 

On va donc consacrer une année entière, partout dans le monde, à faire de la sensibilisation à propos de la dépression. On pourrait se demander si c’est vraiment nécessaire, si on n’en parle pas déjà assez, si les gens ne sont pas déjà assez informés… et pourtant! La vérité est fort fort plate. C’est encore tabou, la dépression. Les gens qui en souffrent s’en cachent encore, dans les cas où elle est diagnostiquée, parce que dans bien des cas, on ne se rendra même pas au diagnostic, pour la simple et bonne raison que les gens n’iront pas consulter.

 

Les jugements clichés qu’on entend à propos des gens atteints de dépression existent toujours. Bien des gens ont honte de leur condition et croient à tort qu’ils sont faibles, que s’ils avaient été «plus forts», ils ne seraient pas touchés par la dépression.

 

Si le diagnostic en tant que tel est encore entouré de tabous, imaginez lorsqu’on se met à parler de traitement aux antidépresseurs et de psychothérapie… c’est pas pour rien que bien des gens choisissent de laisser le temps passer et de ne pas aller chercher de l’aide, quitte à voir leur état empirer.

 

Or, si y’a une chose qui est importante quand on parle de dépression, c’est de prévenir quand c’est possible et de traiter quand c’est nécessaire. À preuve: un des facteurs de risques de vivre un épisode de dépression majeure est d’en avoir déjà vécu un. Pire encore: à chaque épisode de dépression, le risque d’en vivre un autre augmente. Mieux vaut donc être bien outillé pour reconnaitre les signes de dépression et agir quand dès qu’on les décèle.

 

À quoi faut-il faire attention donc?

 

On peut suspecter la présence de dépression si, sur une période d’au moins deux semaines, on note la présence d’au moins 5 symptômes parmi les 9 suivants:

  • Un sentiment de déprime qui est présent chaque jour ou presque chaque jour et qui dure toute la journée
  • Une diminution marquée de l’intérêt ou du plaisir envers tout, même les activités qui étaient normalement appréciées
  • Une variation dans le poids, donc soit une perte ou une prise de poids
  • Des troubles du sommeil, soit de l’insomnie ou de l’hypersomnie (le fait de trop dormir)
  • Une grande agitation ou, à l’inverse, un ralentissement psychomoteur
  • Une grande fatigue, un sentiment d’être vidé de son énergie
  • Un sentiment de dévalorisation ou une grande culpabilité
  • Une baisse de concentration, une incapacité à prendre des décisions
  • Et, évidemment, des pensées de mort récurrentes.

 

En plus de ces symptômes, pour qu’un diagnostic de dépression soit posé, il que le fonctionnement quotidien soit altéré, c’est à dire que ces symptômes entraînent une grande souffrance et empêchent la personne de vivre normalement.

 

Disons que vous reconnaissez chez vous certains de ces symptômes. Quelle est la prochaine étape?

 

Vous pouvez d’abord aller consulter un médecin pour lui parler de votre situation. Si vous avez un médecin de famille, allez voir votre médecin de famille. Sinon, vous pouvez vous rendre dans une clinique sans rendez-vous ou même à l’hôpital. Le médecin que vous allez rencontrer va vous poser différentes questions pour établir un diagnostic, s’il y a lieu. Il pourra vous proposer certains médicaments, s’il juge que vous pourriez en bénéficier.

 

Généralement, le médecin va vous suggérer de coupler le traitement pharmacologique à une psychothérapie. C’est un conseil que je vous invite fortement à suivre, surtout si vous avez la chance d’avoir des assurances qui couvrent la psychothérapie. Sinon, vous pouvez choisir de consulter un psychologue en bureau privé ou vous inscrire au CLSC pour recevoir gratuitement des services de psychothérapie. Il faut savoir qu’en combinant ces deux traitements, vous augmentez grandement vos chances de vous en sortir et de ne pas rechuter.

 

Si vous faites partie des gens choyés qui n’auront jamais à faire face à la dépression, assurez-vous quand même d’être informé, ne serait-ce que pour votre culture personnelle ou pour savoir reconnaître la dépression si jamais elle touche éventuellement un de vos proches. Peut-être qu’un jour vous serez l’oreille dont quelqu’un d’autre aura besoin et ça, c’est précieux.

 

Mon mot de la fin en est un bien personnel. C’est ma chronique, j’ai le droit. J’ai pour mon dire qu’on devrait être capable de se parler de santé mentale comme on se parle de nos relations amoureuses ou de notre carrière. La première chose à faire pour y arriver à mon avis, c’est de mettre tout le monde sur la planète au courant qu’il y a rien d’honteux là-dedans. Qu’on n’a pas à avoir honte d’être atteint de dépression, ou d’un trouble obsessif compulsif, ou de troubles bipolaires, comme on n’a pas à avoir honte d’être atteint d’asthme ou de diabète. Alors s’il vous plait, parlez-en. Même si vous êtes gêné. Vous êtes pas obligés de le crier sur les toîts, mais hésitez jamais à parler au moins à un professionnel de la santé, qui a pour travail de vous soigner sans vous juger.

 


À propos L'énervée

Drama queen anxieuse un peu bougonneuse qui étudie en psycho (classique) et qui aime ben rire de ses travers. Aimerait se réincarner en chat (pour fouèrrer pis manger) et avoir accès à la plus grosse réserve de laine au monde (parce que tricoter, ça la calme). Possède une quantité inquiétante de journaux intimes remplis. Est passée par une phase gothique à l'adolescence. Est un être humain décent. À pense, en téka.

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