Vouloir être la plusse belle, la plusse fine pis la plusse capable


Là, j’vais dire de quoi qui va faire rire les gens proches de moi.

 

J’suis perfectionniste.

 

Avant que vous fassiez des jokes sur la fréquence à laquelle j’vide la litière de mes chats (#bibelotsquichient) ou sur ma maîtrise plus que parfaite de la procrastination, laissez-moi vous expliquer.

 

J’suis clairement pas perfectionniste dans tout c’que j’fais. Enfant, j’me fâchais parce que les coloriages de ma soeur cadette étaient toujours plus beaux qu’les miens. Elle dépassait pas, la maudite, pis elle prenait son temps pour ben faire ça. Moi, j’avais juste hâte d’avoir fini mon coloriage pour passer à autre chose. Ça fait que j’botchais pis j’dépassais. J’tiens à dire que, en vieillissant, j’ai développé des techniques d’ombrages pis d’contours malades, pis que j’dépasse pu. Anyway.

 

Comment ça, j’suis perfectionniste, d’abord?

Mon perfectionnisme m’amène plutôt à m’exiger de prendre en toute occasion la bonne décision, de toujours être première, de tout réussir au premier essai et de jamais m’tromper. C’t’à dire que j’dirige mon désir de perfection vers moi. La croyance derrière ça c’est: « Je dois être parfaite. » Un p’tit mandat, comme on dit. Y’a d’autres types de perfectionnisme. J’vous garde ça en réserve. Uh-uh.

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De réaliser que j’étais perfectionniste alors que j’croyais que j’étais la pire slacker que l’univers ait connu a été une grosse surprise. Quand ma psy m’a dit, l’air de rien, après que j’me sois probablement plaint pour une énième fois que les choses marchaient pas à mon goût dans une sphère X de ma vie: «mais tu sais, ça, c’est ton p’tit côté perfectionniste…», j’pense que j’ai ri. C’est sur que j’ai pensé qu’elle me faisait une joke. Par après, j’ai compris à quel point c’est une partie intégrante de ma personnalité et, surtout, à quel point ça teint tout c’que j’fais pis toutes les décisions que j’prends:

 

Mes études.

Mes amours.

Mon apparence physique.

Mes relations avec mes amis et ma famille.

Ma santé, physique comme psychologique.

Mes hobbies.

 

Toute, estine de bowswelle, toute est influencé par mon perfectionnisme.

 

C’t’un sujet beaucoup trop passionnant pour un seul billet (no joke. Tu serais surpris-e du jus que j’peux tirer de ça), ça fait que j’risque d’en glisser un ici et là, de temps en temps.

 

C’est quoi, un perfectionniste?

Pour pas vous laisser su’vot’faim d’ici là, j’vais quand même vous donner un peu d’matière à réflexion.

 

Un article déniché sur le site Web de l’Université Laval¹ m’a fourni une p’tite définition ben l’fun de ce trait de personnalité à double tranchant:

 

Le perfectionnisme ne correspond pas à la recherche de l’excellence, il correspond à la recherche de l’inatteignable, de l’inaccessible.

 

‘Voyez? J’suis certaine qu’y’en a déjà une gang de vous autres qui viennent de s’reconnaître là-dedans, à un certain degré.

 

Si on part de cette définition-là, on arrive rapidement à la conclusion que c’est un trait de personnalité qui mène tout droit à la déception et au sentiment d’échec, parce qu’y’a personne de parfait (formulation passe-partout éculée, mais tout de même de circonstances ici). C’est pas possible de constamment être au top. C’est quand même c’que les perfectionnistes exigent d’eux-mêmes. C’est fucking lourd, non?

 

Où est-ce qu’on retrouve les perfectionnistes? Partout. C’est quand même intéressant de noter qu’on remarque un lien de concomitance entre la personnalité perfectionniste et certaines psychopathologies, notamment certains troubles anxieux (allô!), troubles de l’humeur et troubles alimentaires (l’anorexie, entre autres, dont je reparlerai, parce que ça aussi c’est vraiment intéressant).²  Rien ne confirme que le perfectionnisme est à la source de ces troubles. Il pourrait par contre s’agir d’un facteur de vulnérabilité qui en permettrait l’éclosion (comme une fleur au printemps. J’me fais aller la plume poète aujourd’hui, toé chose.)

 

J’pourrai aussi vous jaser de la valorisation du perfectionnisme dans notre jolie et prospère société occidentale et de c’que ça engendre comme conséquences (tu vois, j’te l’avais dit qu’y’avait du millage à faire là-dessus!).

 

Le perfectionniste exige la perfection de lui-même, mais aussi ben souvent des gens qui l’entourent. Ça peut créer des conflits, pour des raisons évidentes (quessé qui vous prend d’pas être parfaits, ma gang de torrieux?). On en jase plus tard.

 


¹ Careau, Louise. Le perfectionnisme: quand le mieux devient l’ennemi du bien, site Web de l’Université Laval.

² Benson, Etienne. The many faces of perfectionism, site Web de l’American Psychological Association.


À propos L'énervée

Drama queen anxieuse un peu bougonneuse qui étudie en psycho (classique) et qui aime ben rire de ses travers. Aimerait se réincarner en chat (pour fouèrrer pis manger) et avoir accès à la plus grosse réserve de laine au monde (parce que tricoter, ça la calme). Possède une quantité inquiétante de journaux intimes remplis. Est passée par une phase gothique à l'adolescence. Est un être humain décent. À pense, en téka.

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