Le poids? Sans commentaire. – 11/11/2016


 

Cette semaine, ben on a reculé l’heure. On est maintenant à la mi-novembre et vous avez peut-être déjà fait installer vos pneus d’hiver. On doit donc se faire à l’idée: l’hiver est à nos portes. Dans un peu plus d’un mois, vous serez dans le tourbillon du temps des fêtes à penser à ce que vous allez porter pour votre prochain party de Noël et peut-être à angoisser un petit peu. Angoisser parce que le temps des fêtes rime souvent avec excès, et que vous redoutez peut-être une petite prise de poids qui vous poussera à prendre des résolutions de perte de poids en janvier.

 

Si vous pensez souvent à votre poids, vous pouvez au moins vous rassurer en vous disant que vous n’êtes pas seul, puisque 1 québécois sur 2 est préoccupé par son poids. C’est une des statistiques qui est ressortie d’un sondage mené par l’organisme ÉquiLibre, organisme qui a pour mission de prévenir et diminuer les problèmes liés au poids et à l’image corporelle dans la population. Ce sondage-là a été publié dans le cadre de la semaine «Le poids? Sans commentaire», qui se tenait du 7 au 11 novembre.

 

Un autre résultat frappant qui ressort du sondage, c’est que la plupart des adultes qui ont indiqué être préoccupé par leur poids ont aussi mentionné en grande majorité se souvenir d’avoir reçu des commentaires eux-mêmes sur leur poids et leur apparence physique durant l’enfance. On remarque aussi que ceux qui ont indiqué avoir reçu le plus de commentaires sur leur poids sont ceux qui, aujourd’hui, sont le plus préoccupés par le leur.

 

Qu’est-ce que ça nous dit tout ça?

 

Ça nous dit, entre autres, que les commentaires sur le poids, aussi bien intentionnés soient-ils, ont des conséquences.

 

Pour vous démontrer à quel point les commentaires sur le poids sont omniprésents, je vais vous donner quelques exemples de remarques recensées par l’organisme:

  • Cette fille devrait manger moins ; elle a déjà un surplus de poids.  
  • Rentre ton ventre, tu seras plus jolie.
  • La dame fait de la course à pied pour perdre un peu de poids.  
  • En parlant de soi-même: J’ai l’air d’un éléphant dans ce vêtement.
  • Si tu ne manges pas plus que ça, tu ne deviendras jamais grand!
  • Wow, tu es superbe, ça parait que tu as perdu du poids.
  • Tu devrais bouger plus pour atteindre ton poids santé.

 

Y’a certains de ces commentaires-là qui se veulent sympathiques. On n’est pas mal intentionné quand on dit à quelqu’un qu’il est superbe parce qu’il a perdu du poids. Par contre, si on se met du côté de la personne qui reçoit le compliment, on pourrait entendre: «Tu es superbe maintenant que tu as perdu du poids», comme si la perte de poids était la cause de sa soudaine splendeur. Ça peut pousser la personne à se questionner sur son apparence physique et à craindre une prise de poids éventuelle, qui la rendrait moins belle.

 

Et si ces commentaires là affectent les adultes, ils affectent peut-être encore plus les enfants. Ils sont à l’étape où ils forgent leur estime de soi et leur personnalité et où ils apprivoisent leur rapport à leur corps et à leur apparence physique. C’est donc très délicat de faire des commentaires sur les habitudes alimentaires et le poids d’un enfant. On ne voudrait pas, entre autres, que l’enfant en vienne à croire que sa valeur en tant que personne dépend de son poids.

 

C’est bien beau tout ça, mais je sais bien que ça peut être difficile de retenir ce genre de commentaires. C’est quelque chose qui est comme incrusté dans notre culture et ça se fait souvent de façon automatique. Concrètement, qu’est-ce qu’on peut faire pour encourager le développement chez l’enfant d’une relation saine avec son corps et son poids?

 

On peut premièrement s’habituer à le valoriser sur autre chose que son apparence physique. Sur son talent artistique par exemple ou son sens de l’humour.

 

On peut aussi ramener le corps à son utilité première: celle de nous permettre de bouger! Au lieu de parler du corps en termes de poids et d’apparence, il peut être intéressant de mettre l’accent sur le fait que le corps humain est aussi l’outil qui permet de nous amuser, de courir, de jouer ou de manger.

 

Si on a l’habitude nous-même de passer des commentaires sur notre poids ou sur nos habitudes alimentaires, on peut aussi travailler à développer le plaisir de bien manger et de bouger, sans parler de notre poids. Et si jamais vous êtes préoccupé par votre poids, ne le laissez pas paraître devant les enfants parce qu’on le dit souvent, les enfants nous imitent.

 

Pour ce qui est de féliciter les gens ayant perdu du poids, que ce soit devant les enfants ou par vous-même, vous pouvez simplement les féliciter d’avoir adopté des habitudes de vie plus saines.

 

Le but de l’exercice, c’est simplement de prendre conscience de comment nos remarques peuvent affecter l’autre. C’est une belle occasion aussi de prendre conscience de nos propres croyances face au poids et de se demander si elles sont fondées.

 

Je vous encourage fortement à visiter le site Web de la semaine Le poids? Sans commentaire au lepoidssanscommentaire.ca. Il y a notamment une section Témoignages fantastique dans laquelle à peu près tout le monde va se reconnaître.

 

Je vous encourage donc à ne pas trop angoisser à propos de ce que vous allez manger ou ne pas manger aux fêtes et à travailler plutôt à développer un réel plaisir de manger et, pourquoi pas, une perception de vous-même qui soit un peu plus positive.


À propos L'énervée

Drama queen anxieuse un peu bougonneuse qui étudie en psycho (classique) et qui aime ben rire de ses travers. Aimerait se réincarner en chat (pour fouèrrer pis manger) et avoir accès à la plus grosse réserve de laine au monde (parce que tricoter, ça la calme). Possède une quantité inquiétante de journaux intimes remplis. Est passée par une phase gothique à l’adolescence. Est un être humain décent. À pense, en téka.

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