On vient toutes de quequ’part pis à chaque torchon sa guénille. Genre.


Ouain, faque… c’toute une job déménager, han? Sainte bénite. J’vous en reparlerai mais, *SPOILER* c’est pas devenu mon activité préférée. Reste que c’est fait là. Depuis le 29 juin, en fait. Astheure que j’ai une adresse fixe pis un sofa, j’avais pouvoir recommencer à m’éffouerrer gracieusement pour vous jaser. Le bonheur!

Disons que c’est pas les boîtes pis le stress de me demander si toute notre stock allait fitter dans le nouvel appart qui ont été de grandes sources d’inspiration dans les derniers temps. Heureusement, en vidant mes armoires de tout c’qui s’accumule dans une armoire quand tu vis à la même place pendant presqu’une décennie, j’suis tombée sur une tonne de souvenirs dont j’avais complètement oublié l’existence et qui m’ont donné un peu de jus pour faire aller mes doigts sur le clavier: des agendas de l’école secondaire remplis de photos d’vedettes pis d’poèmes malaisants (pourquoi tu m’aimes pas? On aime My Chemical Romance tous les deux et je tiens à toi comme je tiens à la prunelle de mes yeux. #cringefest), des photos, des journaux intimes… j’ai pas jeté grand chose mais, si j’avais jeté du sock, ça aurait rempli trois gros sacs à poubelle noirs, au moins. J’ai peut-être un problème. Oh well.

Parmi ce que j’ai placé dans mes boîtes à souvenirs, il y avait entre autres des exercices réalisés en thérapie à travers les ans. Je pense à une feuille en particulier sur laquelle est inscrite une liste de qualités et de traits de caractère. De mémoire, ma psy m’avait demandé de dresser la liste des qualités que j’admirais chez les autres et de noter à côté de chacune ce que je pouvais faire pour la développer. Mon attention s’est portée vers celle-ci:

Assurance.

Accepter que je vaux autant que tout le monde, que j’ai ma place, que j’ai le droit de m’exprimer, que je mérite d’être aimée et que je n’ai pas à avoir honte de qui je suis.

Je me revoyais dans le bureau de ma thérapeute, à bougonner parce que ça me gênait de faire son maudit exercice niaiseux devant elle… pourtant j’étais là, 5 ans plus tard, assise dans le salon à préparer mon déménagement, pis je faisais face aux mêmes enjeux. Ça m’a émue. J’ai souri en pensant à moi pis à ma maudite tête de cochon, pis à une conversation que j’ai eue avec mon chum y’a quelques semaines:

J’me plaignais pour la énième fois de mes cuisses molles, de ma cellulite pis de mes marques d’ex-grosse. Je maintiens que c’est pas le fun pis que je m’empêche de m’acheter des shorts ou de la belle lingerie à cause de ce complexe-là… mais je peux admettre que j’en fais peut-être une p’tite fixation. 

Bref. Mon chum soupire, comme y soupire quand y trouve ça donc inutile que je m’empoisonne l’existence avec des angoisses un peu nounounes, pis y dit:

«Tsé, ton article qui parle de ta perte de poids… tout le long que j’le lisais, y’a quelque chose que j’aurais aimé que tu dises. J’attendais que c’boutte-là vienne, pis là j’suis arrivé à la fin, pis t’en as pas parlé, pis j’étais un peu déçu.

– … euh… je sais pas?

– Nulle part t’as dit que t’étais fière de ces marques-là sur tes cuisses. Pis j’ai trouvé ça plate. C’est tes cicatrices de guerre! T’as réussi quelque chose de malade qui a demandé plein de travail pis plein de persévérance! Y’a aucune honte à avoir, au contraire! Tu devrais être fière de ça. Ça, c’est comme toutes les choses que tu voulais pas me dire parce que t’étais gênée: ta maladie, tes angoisses, toute… pourtant, c’est ça qui fait la personne que t’es devenue. C’est toutes les choses que t’aimes pas de toi pis qui te font honte qui font que moi j’t’aime. C’est ça qui te rend spéciale.»

Je sais pas ce que j’ai répondu à ça. Quessé tu veux répondre à ça? J’lui ai sûrement dit que je l’aimais. J’espère que j’lui ai dit que j’l’aimais.

Ça fait que, heureuse, j’ai plié le papier pis je l’ai placé dans une boîte avec toutes mes notes pis mes griffonnages d’angoissée. Un beau souvenir.

J’ai toujours trouvé ça un brin naïf et nono quand ma psy me disait que je trouverais quelqu’un qui aimerait toute c’que j’suis, au complet. Aimer des angoisses pis des vergetures… what the fuck, qui s’embarquerait là dedans? J’comprends aujourd’hui que c’qu’elle essayait d’me dire, c’est que j’suis plus que des angoisses pis des vergetures, pis que dans le package de toute c’que j’suis pis de toute c’que j’ai à offrir, ma cellulite prend pas grand place. Ça semble une évidence dit d’même, même pour moi. Pourtant, y’aura fallu que je le vive pour le croire. C’est maintenant chose faite, ou presque, parce que c’est un apprentissage qui est pas entièrement complété. 

J’vous en reparlerai en direct de notre salon plein d’amour pis rempli d’nos imperfections. Et d’un sofa confortable, accessoirement.


À propos L'énervée

Drama queen anxieuse un peu bougonneuse qui étudie en psycho (classique) et qui aime ben rire de ses travers. Aimerait se réincarner en chat (pour fouèrrer pis manger) et avoir accès à la plus grosse réserve de laine au monde (parce que tricoter, ça la calme). Possède une quantité inquiétante de journaux intimes remplis. Est passée par une phase gothique à l’adolescence. Est un être humain décent. À pense, en téka.

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