Pourquoi on aime les films d’horreur? – 28/10/2016


 

Comme l’Halloween aura lieu ce lundi, j’imagine que plusieurs d’entre vous ont prévu pour ce weekend des sorties ou des activités dans le thème. Si, personnellement, je ne suis pas une grande fans de films d’horreur, je constate que c’est pas le cas de bien des gens, puisque beaucoup prévoient dans les prochains jours s’adonner à un marathon de l’horreur en réécoutant les bons vieux classiques du genre. Je suis bien heureuse pour eux, même si ça m’amène à me questionner.

 

Qu’est-ce qui fait qu’on aime à ce point les films d’horreur? Et je parle des bons films d’horreur, ceux qui font peur pour vrai. Pas ceux qui se moquent un peu du genre, comme les films de la fameuse série Film de peur. Pourquoi on choisit délibérément de s’enfermer dans un sous-sol pas éclairé devant un film qu’on sait à l’avance qu’il va nous effrayer? C’est pas un peu contre nature de rechercher ce sentiment de panique et de peur? C’est pas un peu courir après le trouble pour rien, finalement?

 

Eh bien vous serez tout aussi heureux que je l’étais cette semaine d’apprendre qu’un chercheur s’est penché sur la question avant moi aujourd’hui et que ses conclusions sont fort intéressantes. Ceci étant dit, d’autres auteurs ont publié d’autres théories et aucune n’est préférée à l’heure actuelle. C’est une explication parmi d’autres des raisons pour lesquelles on aime les films d’horreur.

 

Dans son papier, le Dr. Glenn D. Walters, un psychologue se spécialisant dans les affaires criminelles, commence par donner une définition de ce qu’est un film d’horreur.

 

Un film d’horreur, c’est d’abord une oeuvre de fiction. Il faut que l’histoire ait été inventée de toute pièce, bien qu’elle puisse être inspirée de faits réels. Ensuite, vous me direz que c’est une évidence, mais tout de même: il faut que le film suscite un sentiment d’horreur chez le spectateur. Finalement, il faut que certaines forces surnaturelles ou, à tout le moins, qu’une certaine anormalité entoure l’univers du film. Ainsi, des films comme Paranormal Activity, Psycho et Jaws entrent tous dans la grande famille des films d’horreur.

 

Ceci étant dit… qu’est-ce qui explique l’engouement des gens envers le cinéma d’horreur?

 

Le Dr. Walters propose un modèle d’explication à trois facteurs, qui sont la tension, la pertinence et l’irréalisme. Ce sont donc ces trois facteurs là qui, combinés, rendraient un film d’horreur attrayant.

 

Tout d’abord, la tension. La tension, dans un film, c’est ce qui fait qu’on est assis au bout de notre siège en s’attendant à ce que quelque chose de terrible arrive. C’est construit par des éléments mystérieux, par du suspense, par des éléments de surprise ou par des scènes peu ragoutantes. Ce qui est attirant dans un film d’horreur, c’est qu’on va construire une espèce de dynamique de tension/relâchement. Le réalisateur, en utilisant les éléments que j’ai nommé plus haut et en faisant jouer une p’tite musique inquiétante, va faire monter la tension, tout au long du film, tension qui va tomber au moment où on sera mis face au dénouement de l’histoire. C’est comparable un peu au sentiment qu’on a quand on fait un tour de montagne russe. Ça a quelque chose d’enivrant, et donc d’attirant.

 

Ensuite, pour que le spectateur accroche à un film, celui-ci doit susciter son intérêt. C’est là qu’entre en jeu le facteur pertinence du modèle de Walters. En exploitant des thèmes universels, comme la peur de la mort, le film va assurément générer des émotions fortes chez le spectateur. Utiliser le contexte culturel ou socio-politique de l’époque est aussi une bonne façon de capter l’attention des cinéphiles. On pense notamment aux films Them! et Godzilla, qui sont sortis sur les écrans à une époque où ce qui préoccupait tout le monde, c’était la bombe atomique. Bref, un des objectifs du cinéma d’horreur c’est de trouver le moyen de toucher une corde sensible qui va générer de fortes émotions chez le spectateur.

 

Parallèlement, et un peu paradoxalement, le dernier facteur qui contribue au succès des films d’horreur, c’est leur aspect irréaliste. On aime tous savoir que le scénario du film qu’on regarde, même si il est ben épeurant, a aucune chance de se réaliser pour vrai dans la vraie vie. Ça a été étudié, d’ailleurs. Une étude qui date de 1994 a démontré que des étudiants étaient capables de visionner des scènes fictives de films d’horreur sans problème, mais qu’ils étaient généralement incapables de visionner des scènes macabres tirées de la vie réelle. Une des explications apportées par les chercheurs, c’est que le fait de visionner un film d’horreur, versus une scène macabre réelle, apporte un certain sentiment de contrôle au spectateur. Le spectateur qui écoute un film d’horreur choisit de visionner un film qui a un début, un milieu et une fin, et qui n’a aucune chance d’exister pour vrai. Celui qui écoute un vidéo macabre n’a pas cette liberté, si on veut.

 

Ce qu’on retient, donc, c’est que, toujours selon monsieur Walters, c’est la tension créée par un film d’horreur, sa pertinence et son aspect irréaliste qui le rendent accrocheur aux yeux du spectateur. Pourquoi certains aiment les films d’horreur et d’autres pas? D’autres chercheurs se sont posé la question, sans arriver encore une fois à un consensus. Dans tous les cas, la prochaine fois que vous regarderez un film d’épouvante, je vous suggère grandement de ne pas gâcher votre plaisir en pensant aux raisons qui vous poussent à vouloir vous faire peur.

 

 


À propos L'énervée

Drama queen anxieuse un peu bougonneuse qui étudie en psycho (classique) et qui aime ben rire de ses travers. Aimerait se réincarner en chat (pour fouèrrer pis manger) et avoir accès à la plus grosse réserve de laine au monde (parce que tricoter, ça la calme). Possède une quantité inquiétante de journaux intimes remplis. Est passée par une phase gothique à l'adolescence. Est un être humain décent. À pense, en téka.

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