Aweille, l’eau est bonne! 2


C’est un moment hyper émouvant (et un peu angoissant) pour moi, les copains. C’est cette semaine qu’a paru dans La Presse un reportage auquel j’ai participé sur le trouble obsessionnel compulsif. J’ai r’gardé le reportage une couple de fois sans son, pour m’habituer à m’voir la face sur un écran. Une fois le malaise passé, j’ai mis l’son. J’tais ben heureuse de me rendre compte que j’ai pas dit trop d’niaiseries pis que ma voix est pas trop gossante.

Visionnez le reportage ici!

C’est émouvant parce que j’suis pas pantoute là où je pensais être y’a 10 ans, au moment où j’ai reçu le diagnostic de trouble obsessionnel compulsif. C’est loin d’être une mauvaise chose, parce que j’avais franchement pas grand espoir de m’accomplir à l’époque. Aujourd’hui, à 25 ans, j’peux dire que j’suis allée à l’encontre de toute c’qu’Amélie à 15 ans pensait qu’elle allait devenir, pour le mieux.

 

Quand j’ai parlé pour la première fois à Catherine Handfield, journaliste à La Presse, elle m’a dit qu’elle avait eu de la difficulté à trouver des gens atteints de trouble obsessionnel compulsif prêts à faire une entrevue devant caméra. Elle a dû m’demander par trois fois si j’étais ben certaine d’être à l’aise de raconter mon histoire. J’ai dit oui, en m’demandant quand même si c’était pas la naïveté d’la fille qui sait pas c’qui l’attend qui m’avait poussée à l’faire.

 

Une fois les arrangements pris pour le tournage, j’me suis évidemment demandé si j’avais pas commis une erreur en acceptant l’invitation. Mon trouble, j’vis avec. Les gens près de moi sont au courant qu’il existe, pis ils vivent avec. J’me suis mise à penser à ces gens qui connaissent pas ma condition et qui eux pourraient choisir de pas vivre avec. J’me suis mise à essayer de prévoir c’qu’on allait penser de moi. Est-ce qu’on se mettrait à juger la personne que je suis sur la base du trouble dont je suis atteinte et des médicaments que j’prends pour le traiter? Est-ce que le regard que les gens posent sur moi se trouverait biaisé?

 

Plus j’me questionnais et plus les inquiétudes s’accumulaient, plus j’étais convaincue que j’avais fait la bonne chose en répondant à l’annonce de recherche de témoignages de Catherine. Autant j’angoissais à l’idée de m’mettre à nu de cette façon, autant j’me disais que l’angoisse que j’ressentais avait pas lieu d’être. J’devrais pas être gênée, j’devrais pas avoir honte.

 

J’me suis rappelé la raison pour laquelle j’ai commencé à écrire sur ce blogue. C’est la même raison pour laquelle j’veux être psychologue: parce que j’suis convaincue de la nécessité de continuer à briser les tabous qui entourent la santé mentale, pis que j’veux travailler à c’que les gens soient à l’aise de parler de c’qui s’passe entre leurs deux oreilles. Si j’voulais être cohérente dans ma démarche, le p’tit pas que j’pouvais faire pour changer quelque chose à ce moment-là, c’était d’me pitcher à l’eau moi-même (pour pouvoir vous dire après qu’ètait même pas frette, l’eau).

 

Peut-être que ça rendra certaines personnes mal à l’aise… que sais-je, hen? Sauf que, d’la même façon que si j’avais l’diabète, le diabète serait un morceau d’moi, le TOC est un morceau d’moi. J’vais pas passer ma vie à cacher c’te boutte-là parce qu’y pourrait déplaire. Ça serait porter un masque, pis fuck les masques, y fait chaud que l’yâble là-dedans. Y’é là, mon TOC. J’viens en package deal avec. Les gens qui m’aiment m’aiment au complet. On s’en fout, du reste.

 

Ça fait que v’nez me r’joindre, l’eau est bonne.


En prime: ma plus belle face. xxx

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À propos L'énervée

Drama queen anxieuse un peu bougonneuse qui étudie en psycho (classique) et qui aime ben rire de ses travers. Aimerait se réincarner en chat (pour fouèrrer pis manger) et avoir accès à la plus grosse réserve de laine au monde (parce que tricoter, ça la calme). Possède une quantité inquiétante de journaux intimes remplis. Est passée par une phase gothique à l'adolescence. Est un être humain décent. À pense, en téka.


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2 commentaires à propos de “Aweille, l’eau est bonne!

  • Josiane Rousseau

    Vraiment bravo! La société au grand complet à besoin de plein de gens comme toi qui travaillent à faire comprendre.

    La santé mentale, ça saigne pas, et ça rends les personnes aux prises avec des problèmes « suspectes »!

    On a un boutte de route à faire pour faire comprendre l’acceptation de la différence aux humains! Mais y’a qu’une façon d’y parvenir: une bouchée à la fois!

    En attendant, félicitations pour la grosse bouchée ! 😀

    • L'énervée Auteur de l’article

      Quel beau commentaire, merci! Effectivement, y reste un gros travail de normalisation à faire encore. Heureusement, les choses progressent rapidement. 🙂