«Trouve une activité que tu vas aimer!» … t’es un comique toi, hein?


«Si tu veux pas perdre ta motivation à bouger, trouve une activité que tu vas aimer pratiquer!»

C’t’un conseil honnête. J’veux dire… sur papier, c’est parfait. T’es pas en forme mais tu trippes sur l’aérobie? Sur l’aquaforme? Sur le laser tag? Saute là-dessus comme si y’avait pas de lendemain pis bouge comme t’as jamais bougé!

Personnellement, j’me suis jamais reconnue dans ce conseil-là. Quand j’lisais ça dans mes magazines de filles, j’levais les yeux au ciel devant ce que je qualifiais de rafraîchissante mais un brin gossante naïveté. C’est qu’à l’époque, je bougeais pas (du tout). Si tu m’avais donné ce conseil-là, tu m’aurais perdue à «activité». J’aimais pas bouger, j’haïssais suer pis, avoir chaud, ça m’faisait faire de l’urticaire entre les cuisses. Si toutes les activités du monde m’apparaissaient comme des variations sur le thème de la torture, laquelle j’étais sensée choisir? La moins pire? C’pas motivant ben ben ça, chose.

J’étais pognée. J’voulais me mettre en forme mais j’pouvais pas faire ça sur mon sofa avec mes chats pis mes livres (quoi que…)

J’partais de loin. J’étais pas pantoute rendue au point de me demander quel sport je voulais pratiquer: j’étais même pas convaincue que j’allais être capable de bouger! J’avais l’impression que le sport, c’était réservé aux sportifs. Y’était trop tard pour moi, y’aurait fallu que je commence avant.

À travers toutes mes lectures préparatoires (ça se travaille lentement, le goût d’bouger, tsé) je suis tombée sur un article qui parlait de l’importance de choisir une activité physique adaptée à sa personnalité. En gros, ça disait que c’est peut-être pas idéal pour une solitaire hyper réservée de joindre les rangs d’une équipe de basket. Ça, ça m’parlait. J’allais choisir une activité qui allait convenir à qui je suis. Ça serait déjà ça de gagné.

Au début, j’ai pensé opter pour des cours d’aérobie en groupe. C’est comme de la danse (d’la danse, c’pas vraiment un exercice, hein?), pis j’aimais les DVD de Josée Lavigueur (❤). En plus, toutes les femmes aiment ça, l’aérobie pis le Zumba… Right? J’étais en business.

J’ai continué à réfléchir. Angoissée comme j’suis, j’étais plus certaine que j’aimais l’idée des cours en groupe. Bouger maladroitement au milieu de trente personnes potentiellement en meilleure forme que moi? Meh. Peut-être que l’entraînement solo en salle serait plus adapté?

…dans un gym mixte? No way. Trop d’orgueil pour me brasser l’mou d’fesses devant la gent masculine. Ça fait que j’ai choisi un gym réservé aux femmes.

Restait à régler la question de l’entraîneure. Ça me gênait de devoir me rapporter à quelqu’un chaque semaine. J’avais peur de tomber sur une personne avec qui je m’entendrais pas ou sur quelqu’un qui me ferait sentir coupable de pas maigrir assez vite. En même temps, j’étais consciente que mes connaissances en activité physique étaient nulles et que je bénéficierais assurément de la compétence de quelqu’un qui s’y connaissait. Ça fait que, pour me mettre à l’aise, j’ai demandé une entraîneure de mon âge, que j’ai rencontrée une première fois pour voir si ça cliquait. Ça a cliqué.

Chaque fois que j’ai voulu me mettre à l’entraînement avant cette fois-là, j’en revenais pas à quel point ça pouvait être interminable, 30 minutes à s’faire aller les pattes sur un tapis qui roule à l’infini. C’était la dernière angoisse qui me restait à calmer. Comment j’allais rester motivée si j’trouvais ça long pis plate que l’maususse, bouger? Mon téléphone est devenu mon meilleur ami. 30 minutes, c’est même pas un album au complet! J’me suis préparé une playlist de tounes que j’ai honte d’aimer mais qui rendent moins pire le boutte de l’histoire où c’qu’y faut que j’aille chaud. En v’là un aperçu. Tu peux rire. J’suis certaine que j’rirais d’ta playlist aussi. C’est ça qui faut.

Après trois ans d’entraînement, j’ai évidemment plus les mêmes inquiétudes que j’avais au départ. J’aime toujours pas les cours en groupe, mais j’suis plus à l’aise de m’entraîner en présence d’hommes. J’écoute toujours de la musique, que j’renouvelle régulièrement pour pas me lasser. J’ai demandé dernièrement à mon entraîneure de me créer un programme un peu plus court parce que je m’entraîne après le travail et que j’aime souper avec mon chum et son fils. En gros, j’moule la sphère «activité physique» de ma vie à mes besoins pis à qui je suis. Comme ça m’convient, c’est agréable pis c’est devenu du temps précieux qui m’permet d’être seule, de réfléchir, d’apprécier de la bonne musique (héhé 😃 ) pis de décompresser.

Pis c’est vraiment satisfaisant de manger d’la crème glacée assise entre mes deux chats après un gros workout.


À propos L'énervée

Drama queen anxieuse un peu bougonneuse qui étudie en psycho (classique) et qui aime ben rire de ses travers. Aimerait se réincarner en chat (pour fouèrrer pis manger) et avoir accès à la plus grosse réserve de laine au monde (parce que tricoter, ça la calme). Possède une quantité inquiétante de journaux intimes remplis. Est passée par une phase gothique à l'adolescence. Est un être humain décent. À pense, en téka.

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